Economie du cinéma et de l’audiovisuel en Ruritanie

 

 

L’histoire du cinéma ruritanien peu connue chez nous est pourtant pleine d’enseignement. Elle suit à grands traits la plupart des histoires nationales du cinéma.

 

 

1. Histoire économique du cinéma ruritanien[1].

 

Au long des 17ème, 18ème et 19ème siècle, des expériences, des découvertes se succèdent dans de nombreux pays sur la question de la reproduction du mouvement. La Ruritanie n’échappe pas à cette effervescence, et on signale le cas de Boruslaw Dnzpr, inventeur du Kinétophamatoscop, présenté à la foire de Prjok en 1893. Mais Dnzpr ne réussit pas à obtenir un financement de la part du gouvernement malgré une présentation le 22 mars de cette année devant une commission de scientifiques nommée par le conseil du roi. On perd ensuite la trace de cet inventeur.

 

 

Les historiens ne sont pas d’accord ensuite sur le fait qu’ait été présenté ou non à la même foire de Prjok en 1894 un Kinetoscope Edison. On retrouve la description par un voyageur[2], mais écrit beaucoup plus tard, à l’issue d’un voyage dans l’ensemble de la région et il semble que l’appareil vu corresponde à celui présenté la même année en Freedonie, dont on a l’assurance de la présence par d’autres sources[3].

 

La première projection du cinématographe se produit en Ruritanie de façon un peu accidentelle. Un opérateur des frères Lumière envoyé exploiter l’invention en Bohème, bloqué par un éboulement sur la voie de chemin de fer, s’arrête en gare de Strelsau en mai 1896. Une projection est organisée au Palais royal pour la Cour le 17 mai. Le programme est ensuite projeté en ville dans une auberge. A cette occasion, l’opérateur Lumière tourne le premier film jamais produit sur le territoire ruritanien : La sortie de la messe de 11h à la Cathédrale de Strelsau.

On ne parle plus du cinématographe pendant quelques mois, jusqu’à ce que Rigoberto Doppo, un personnage entreprenant, tour à tour magicien, entrepreneur de spectacle et cabaretier, importe un puis plusieurs appareils pour les présenter dans les foires. La plupart des bandes présentées sont des films Lumière et Pathé. Il réalise lui-même quelques bandes pour alimenter sa consommation dont La Légende de Lauengram, en 1907 présenté comme le premier film ruritanien fait par un Ruritanien. S’ensuivent quelques films locaux par des réalisateurs étrangers qui profitent de la couleur locale, de son folklore[4].

Les années 1903-1907 sont un peu partout dans le monde une période de césure qui voit la fin de la vente des films, le passage à la location et de manière liée l’abandon progressif des spectacles forains et apparition des salles fixes. En Ruritanie, Rigoberto Doppo qui n’a pas vu le vent venir se voit déborder par un nouveau venu, Wilhelm Krafstein. Celui-ci s’appuie sur des capitaux bancaires, attirés par l’aspect immobilier de l’affaire et construit des premières salles à Strelsau puis à Hentzau et Zenda. Sa compagnie, la KKAG (Kraftsein Kino A.G.) entreprend de produire des films pour alimenter ses salles.

 

Cependant, avant la Première Guerre mondiale, les films français dominent le marché (Popert, l’envoyé de Charles Pathé ouvre un bureau à Strelsau en 1905[5]). A partir de 1913, les films italiens, danois et en provenance des Etats-Unis commencent également à investir le marché de Ruritanie.

Mais quelques films locaux réussissent à trouver un débouché, notamment un comique local : Spiridiov. Cette production se fait essentiellement grâce à Wilhelm Krafstein (celui qui a créé des salles) qui réussit à établir une petite production locale notamment en reprenant le star system vers la fin de la période. La première grande star ruritanienne, Ireap Etihw, héroïne des Mystères de Strelsau épousera le prince von Memsberg.

Quelques films réussirent à être exportés avant le début de la Première Guerre mondiale notamment vers la Russie, l’Europe centrale et les quelques pays proches où existe une communauté d’origine ruritanienne. La guerre puis la révolution bolchevique couperont ces débouchés naissants.

La Ruritanie n’échappe pas à la vogue du serial et du ciné-roamn. On signale en 1917 un Les Mystères de Strelsau. Sont tournées également des adaptations de classiques de la littérature et du théâtre ruritaniens. Ainsi La véridique et horrifique histoire de Petra est l’adaptation d’un mélodrame à succès ruritanien du début de 19ème siècle qui sera l’objet ensuite de plusieurs remakes.

 

Après la Première Guerre mondiale, le cinéma ruritanien est privé de ressources et de talents.

Privé de ressources car les financiers locaux ont été pour la plupart ruinés dans le conflit, les richesses naturelles du pays n’ont pu être exportés et ont entraîné une grave crise financière par manque de devises. Enfin, le tourisme autre grande richesse du pays s’est tari.

Dans le domaine des talents, A la suite de Iraep Etihw, d’autres vedettes locales sont apparues dont Aterg Obrag, Enelram Hcirteid ou encore Atsa Neslein. Toutes vont partir, happées par Hollywood ou par le cinéma allemand. C’est également le cas de certains réalisateurs privant ainsi la Ruritanie de ses meilleurs talents artistiques.

Affaibli, le cinéma ruritanien ne peut faire face à l’extension du cinéma hollywoodien sur son proppre territoire. Les grandes compagnies hollywoodiennes créent dès les années 1920 des filiales ruritaniennes dont elles confient les rennes à de jeunes producteurs ou distributeurs locaux, encadrés par la direction centrale. Outre les films étatsuniens, on note une arrivée non négligeable sur le marché de films allemands.

 

 

A la suite des premières mesures prises par l’Allemagne et la Grande-Bretagne (1927), la Ruritanie envisage l’instauration de quotas pour protéger le cinéma local. Mais le pays remet son intervention suite aux pressions de l’ambassadeur des Etats-Unis qui prévient qu’une telle action pourrait entraver l’exportation de bois de la Ruritanie vers les Etats-Unis, le bois restant l’industrie principale du pays.

 

 

1927 est l’arrivée du parlant aux Etats-Unis. Le premier film diffusé en Ruritanie est Les Lumières de New York en janvier 1929. L’arrivée du parlant fait naître un espoir  dans le pays parmi un certain nombre d’intellectuels et d’amoureux du cinéma ruritanien qui espèrent que les difficultés de compréhension de la population locale devant des films en langue étrangère conduira celle-ci à retourner vers les images ruritaniennes.

Mais le pays n’a pas de brevets de cinéma sonore. Il faut donc composer avec les compagnies allemandes ou hollywoodiennes. Cela rend les tournages de films parlants ruritaniens plus élevés. D’autre part, les financements des salles sont difficiles. Le passage au cinéma sonore se fait donc dans les plus grandes difficultés. En outre, Hollywood fait quelques films en double version en ruritanien à Joinville-le-pont. Le doublage, ensuite, permet aux films hollywoodiens d’entrer sans entraves sur le marché.

 

A l’été 1936 débute le premier tournage d’un film américain dans le pays : Le Prisonnier de Zenda bénéficie des beautés du paysage ruritaniens et du faible prix de la main d’œuvre locale.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, les films américains, invisibles dans le pays pendant toute la durée du conflit, inondent le marché. La MPEA[6] délègue un représentant, les majors hollywoodiennes créent des filiales distinctes ou communes, ou encore se lient à des intérêts locaux pour se ré-implanter sur le marché.

Les premières mesures d’aide au cinéma sont élaborées en 1961. Les Etats-Unis protestent dans un premier temps. Mais la Ruritanie est un point dans l’affrontement Est/Ouest, Hollywood compose et laisse une certaine politique de quotas se mettre en place. En 1963 est adoptée une législation qui oblige les salles à diffuser un court métrage ruritanien avant chaque séance. Cette loi permet de multiplier un temps le nombre de films court qui passe de 4 en 1963 à 45 en 1965 puis 76 en 1968. Mais la qualité de ces bandes laisse à désirer selon la plupart des observateurs, beaucoup de films étant des documentaires touristiques ou des quasi publicités déguisées, sans professionnalisme. La loi est progressivement abandonnée. En 1969, est adopté un second quota qui oblige les salles à diffuser un film de long métrage ruritanien tous les deux mois. En l’absence de mesures de contrôle strictes, cette seconde tentative de quota n’aboutit à aucun résultat tangible, les salles se contentant de passer de vieux films ruritaniens à des heures indues. La loi est encore en vigueur en 2009, mais n’est plus appliquée.

 

 

 

 

2. La situation actuelle du cinéma ruritanien

 

2.-1. Etat et cinéma

 

La loi du 1er janvier 2004 établit un système d’aides automatiques claqué sur le modèle français. Est établie une taxe sur les entrées de 7%. Mais la loi se heurte à la forte opposition des exploitants et de l’ambassade états-unienne qui réussissent à abaisser le taux d’imposition à 2% du prix du billet au guichet[7].

La loi reste peu ou mal appliquée et les fonds destinés au système restent, en conséquence, faibles.

 

Un système de tax shelters est par ailleurs mis en place en 2008. Ces abris fiscaux permettent de déduire 30% des dépenses effectuées sur le territoire ruritanien. Elles semblent devoir bénéficier davantage aux films étrangers tournés sur le territoire qu’aux productions locales. Cependant, la mesure encore récente ne peut être jugée à l’aune de ses résultats.

 

La Ruritanie a accédé aux aides de Eurimage et du plan Media  en 2007. L’apport en est à ce jour que marginal.

 

Un système d’aides sélectives a été instauré au niveau régional. Régions et villes, à des degrés divers, ont mis en place ces aides qui passent par des exonérations fiscales, des avantages matériels et/ou un système d’avances sur recettes (c’est le cas notamment du Comté de Zenda qui tente de développer ses studios).

 

On note par ailleurs la présence de la Fondation Rassendyll, du nom du mécène anglais, ayant légué sa fortune aux actions de développement de la Ruritanie.

 

 

2.2. Le financement du cinéma.

 

La Ruritanie bénéficie de peu de capitaux locaux en matière de cinéma. Quelques producteurs sont actifs, notamment issus du secteur immobilier (en hausse sur la côte et dans les zones montagneuses touristiques). Depuis le milieu des années 1990, on constate un apport de fonds de l’émigration ruritanienne aux Etats-Unis et en Allemagne, avec volonté de favoriser l’expression nationale

 

 

2.3. La production

 

Le nombre de sociétés de production ruritaniennes est limité (on en répertoriait 57 en 2006[8]) mais peu sont actives de manière régulière.

Deux se distinguent : KKAG et KR (Kino Ruritania). Chacune a une activité de production d’une dizaine de films, bon an mal an. KKAG est la compagnie historique, dont le secteur salle assure l’essentiel de la prospérité et qui s’est diversifié dans la télévision (cf. infra).

On peut aussi noter la présence de la société ZKK (ZendaKunstKino) dont l’activité est essentiellement tournée vers le cinéma art et essai.

Les autres sociétés de production sont souvent des sociétés de prestation de service qui aident au tournage des films étrangers ou des sociétés éphémères, montées au coup par coup pour la production d’un seul et unique film[9].

 

 

Mais cinéma ruritanien existe grâce à des fonds, cependant peu vus dans le pays (parfois même pas sortis) et surtout va dans les festivals du monde entier sur quelques noms.

Cependant quelques succès internes, souvent des comédies[10] et des remakes notamment adaptés de classique (La Légende de Lauengram[11]) Mais ces films là ne sont pas vus en dehors de la Ruritanie sauf en vidéo dans les pays où existe une diaspora ruritanienne.

 

Les derniers succès du cinéma ruritanien (Trois idiots à Strelsau,  Le Poissonnier de Zenda ou Weichnastag in Strelsau) sont montés autour de la personnalité de vedettes comiques révélées par la télévision locale et peu connues hors de frontières..

 

 

On note quelques tentatives de coproduction avec les pays proches. Des accords de coproduction ont été signés avec la Freedonie, la Bordurie et la Marchovie à partir de 1990. Mais peu de films ont bénéficié de ces accords.

 

 

 

 

 

 

Tableau 1 : La production ruritanienne.

Année

longs métrages

 

courts métrages

source

1953

2

 

1

1954

5

 

1

1955

5

 

1

1956

8

 

1

1957

4

 

1

1958

5

 

1

1959

5

 

1

1960

3

 

1

1961

6

 

1

1962

5

 

1

1975

9

 

1

1980

3

64

1

1981

9

56

1

1982

5

81

1

1983

12

78

1

1984

8

62

1

1985

7

29

1

1986

5

58

1

1987

12

41

1

1988

15

 

1

1998

41

122

2

1999

52

147

2

1999

47

116

2

2000

52

118

2

2001

40

115

2

2002

44

81

2

2003

52

 

2

2004

51

 

2

2005

60

 

2

2006

53

 

2

2007

54

 

2

Sources : 1. Anthony Hope, Ruritanian Film – An History, Charters and Caldicott, Londres, 1995. 2. http://www.kinoruritania.ra/index.html consulté 15.4.2009.

 

 

2.4. La distribution

 

 

Les filiales ruritaniennes des majors hollywoodiennes dominent le marché. Elles réalisaient 79% des entrées en 2006 (cf. tableau 2).

KKAG et KR distribuent leurs propres films ainsi que quelques films indépendants locaux et des œuvres européennes. On notera qu’une dizaine de films ruritaniens en moyenne chaque année ne trouvent pas le chemin des salles.

KKAG s’appuie sur la chaîne TVKK dont elle est actionnaire pour assurer la promotion de ses films.

 

 

Tableau 2. Classement des distributeurs en 2006

 

Total films sortis

Dont nouveaux films ruritanienss

% des entrées totales

Fox

36

-

18%

UIP

45

2

22%

Columbia

42

-

12%

Warner

23

1

10%

Buena Vista

18

1

17%

KKAG

37

25

8%

KR

37

15

7%

Autres

15

7

6%

Total

253

47

100%

Source : http://www.kinoruritania.ra/index.html consulté 15.4.2009.

 

 

 

La part de marché du cinéma ruritanien est faible (15% en moyenne sur les dix dernières années) soumises à des sautes : Weinachstag in Strelsau en 2002 est un succès énorme et dépasse même le résultat de Titanic.

 

 

2.5. L’exploitation

 

Le nombre de salles en Ruritanie est assez peu élevé. Les salles sont concentrées dans les trois grandes villes du pays, singulièrement dans la capitale qui avec 52% des fauteuils réalise 74,9% des entrées et 84% des recettes en 2007[12].

 

Les principales salles appartiennent au groupe KKAG. Sous l’influence du groupe sud africain Ster Kinekor, et du groupe freedonien AZBP, les salles ruritaniennes ont commencé à être rénovées au milieu des années 1990.

Le premier multiplexe ruritanien (12 écrans) a ouvert le 15 septembre 1996 dans la banlieue de Strelsau, au sein d’un centre commercial flambant neuf. Il a été financé par Ster Kinekor allié à un investisseur local[13].

L’année suivante, KKAG rénovait son complexe historique du centre ville, le Dom Kino, pour en faire un complexe de 8 écrans. Depuis la compagnie a ouvert une demi douzaine de multiplexes[14].

 

Tableau 3. Exploitation

Date

Nombre d’écrans

Entrées

Box office

(en dollars)

Sources

1930

750

13 250 000

 

1

1940

800

15 237 000

 

1

1950

801

15 245 000

 

1

1960

752

12 310 000

 

1

1970

645

9 685 000

 

1

1980

250

1 432 000

 

1

1990

213

897 000

 

1

2000

290

2 600 000

3 000 000

2

2001

295

2 848 000

3 237 000

2

2002

310

3 013 000

3 245 000

2

2003

320

2 968 000

3 253 000

2

2004

321

2 800 000

3 252 000

2

2005

350

2 751 000

3 246 000

2

2006

352

2 900 000

3 589 000

2

2007

345

3 800 000

3 890 000

2

2008

n.d.

3 125 000

4 125 000

3

Sources : 1. Anthony Hope, Ruritanian Film – An History, Charters and Caldicott, Londres, 1995. 2. Observatoire Européen de l’Audiovisuel, Focus 2009. 3. Variety 21.1.2009.

 

 

 

2.6. Les industries techniques

 

 

La Ruritanie a développé peu d’infrastructures hormis celles du complexe de Zenda. Celles-ci ouvertes dès la fin des années 1930 (à la suite du tournage du Prisonnier de Zenda) ont périclité dans les années 1970.

Dans les années 1990, les studios ont bénéficié de l’arrivée des tournages de films et téléfilms hollywoodiens et européens. La politique des régions et de l’Etat central, via les aides évoquées plus haut, vise à augmenter cet apport de devises, soit directement via les tournages, soit via la publicité faite aux paysages ruritaniens dans les qui profite au développement touristique.

 

 

 

3. L’industrie audiovisuelle

 

 

3.1. La vidéo

 

 

La vidéo se développe à partir de la fin des années 1980.

Les éditeurs sont principalement les filiales des majors hollywoodiennes qui ont la quasi intégralité du marché, ce sont également elles qui éditent les films ruritaniens à succès.

 

En 2006, les principaux éditeurs étaient

Buena Vista Home Video : 45%

Warner Bros. Home Video : 25%

Columbia Home Video : 18 %[15]

 

 

Le taux d’équipement des foyers en magnétoscopes était de 89% en 2004[16].

 

 

La piraterie vidéo est estimée à 65% du marché en 2007 selon une étude faite par les majors hollywodiennes[17]. Le parlement ruritanien a entamé à la fin 2007 un débat sur un renforcement possible de la loi sur le droit d’auteur.

 

 

 

3.2. La télévision

 

Une première chaîne de télévision publique, RTV, est créée en 1952. La première émission a lieu le 15 septembre 1952 à l’occasion des fiançailles du prince héritier, mais le signal n’est reçu que dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de la capitale.

Il faut en fait attendre le milieu des années 1960 pour que l’équipement en relais hertziens du pays, et l’achat de postes de réception par les ménages permettent à la télévision de devenir réellement un moyen de diffusion de masse.

Le choix a été fait en 1952 d’une redevance établie sur la taxe d’habitation. Cette redevance est la seule ressource du service public de radio-télévision durant la période.

Une deuxième chaîne est inaugurée en 1969. Elle se voit confié une double mission de chaîne régionale et de chaîne éducative.

Les premières chaînes privées apparaissent en 1984, sous la pression des annonceurs internationaux et de grands groupes européens (dont notamment le groupe CLT). Ces chaînes sont financées par la publicité. Elles doivent d’autre part diffuser des programmes ruritaniens. Les quotas de diffusion sont depuis leur installation l’objet de nombreuses discussions et polémiques. Il sont varié au cours des diverses alternances politiques qu’ont connu le pays.

 

Il y a actuellement (en 2009) 5 chaînes nationales et 3 chaînes régionales[18].

 

Tableau 4. Chaînes télévisées, taux d’audience (en 2008)

Chaînes

Capital

Audience moyenne en 2008

RTV1

Publique

25,5%

TV5

CLT, Banque Ruritanienne de Développement, Strelsau Zeitung

24,2%

TVKK

KKAG, Warner Bros., Constantin

18,7%

RTV2

Publique

12,9%

TVDreih

Strelsau Tagesblatt,  Mediaset

5,8%

Chaînes régionales

 

12,9%

Source : Observatoire Européen de l’Audiovisuel in ScreenDigestif n°43, 23 février 2009.

 

Outre la réception hertzienne, le téléspectateur ruritanien a accès grâce au câble à une centaine de chaînes, dont les chaînes internationales et les chaînes des pays voisins.

 

La télévision a une double importance sur le plan du cinéma.

 

- La télévision comme source de financement du cinéma local. Lors de leur période de lancement, les télévisions privées se sont appuyées sur des importations massives de produits hollywoodiens. Après que leur présence a été assurée, les télévisions privées ruritaniennes se sont vus contraintes de développer des fictions nationales (au moins en prime time) sous la double pression de la flambée des prix des programmes internationaux et d’une demande de fictions nationales de la part d’une majorité de téléspectateurs ruritaniens.

D’autre part, la télévision décline en ruritanien des concepts internationaux… Big Brother, le Juste prix, C’est mon choix….

 

 

- la télévision comme lieu de vision majoritaire des images locales.

Alors que sur les grands écrans ruritaniens les films locaux n’engrangent qu’environ 15% des entrées, la fiction ruritanienne peut se prévaloir en moyenne de taux d’audiences beaucoup plus élevés (92% de l’audience en 2008 se portait sur des programmes télévisés ruritaniens, tous genres confondus[19]

 

Conclusion :

 

Le cinéma ruritanien existe. Mais pour sa partie commerciale limitée essentiellement à son territoire.

Quelques succès d’estime cependant pour des cinéastes ruritaniens habitués des festivals dont les films, paradoxalement, sont peu vus sur les écrans ruritaniens.

Le cinéma L’Alhambra à Bains-sur-Seine où se trouve une importante communauté d’origine ruritanienne organise depuis dix ans une biennale du cinéma ruritanien.

 



[1] Sauf mention contraire, les informations de cette partie sont tirées de Irénée Fabre, Histoire du cinéma ruritanien, Editions du Prado, Marseille, 1988.

[2] Jules Machin, Mes Voyages à l’est de Pantin, Larousse, Paris, 1934.

[3] Julius Marx, El Kino en Freedonia reprenant El Zeitung de Freedonia du 28 mars 1894.

[4] L’anglais Gilbert Redgrave réalise ainsi une série de films sur les danses locales.

[5] Popert ouvre entre 1904 et 1906 des bureaux dans un grand nombre de pays étrangers dont les Balkans.

[6] Motion Picture Export Association

[7] WestRuritania Gazette 21.7.2007.

[8] http://www.kinoruritania.ra/index.html consulté 15.4.2009.

[9] Entretien avec Boruslaw Boruslawich, producteur le 15 juillet 2008 réalisé par l’auteur.

[10] Une tradition qui trouve ses racines déjà dans les années 1960.

[11] Remakes en 1925, 1937 (premier film sonore ruritanien), 1952, 1975 et 2008. D’autre part une adaptation télévisée a été faite en 1980 en dix épisodes.

[12] http://www.kinoruritania.ra/index.html consulté 15.4.2009.

[13] Screen Indigest 23.9.1996.

[14] Varietoche 4.12.1998.

[15] Roland Cloutier « Video, Video, Video » in Journal of Cultural Development, Cambridge, 2007. I n’a pas été possible de trouver une information plus complete sur le sujet, les données n’étant publiées qu’en ruritanien.

[16] Kino Ruritanina Gazetta n°675, 3 avril 2005.

[17] « How Piracy Will Destroy the Universe If Nothing Is Done ASAP”, MPEA Reports, http://www.mpaa.org/mpea/how_piracy.html 4 avril 2008 consulté 5 avril 2008.

[18] Les trois chaînes diffusent sur les deux régions frontalières où existe une langue régionale et sur la région capitale. Elles sont financées par les collectivités locales.

[19] Pr Quincey Adams Wagstaff, Rule Ruritania !, Ruritanian International Verlag, Strelsau, 2009.

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