Economie du cinéma et de
l’audiovisuel en Ruritanie
L’histoire du
cinéma ruritanien peu connue chez nous est pourtant pleine
d’enseignement. Elle
suit à grands traits la plupart des histoires nationales du
cinéma.
1. Histoire économique
du
cinéma ruritanien[1].
Au long des 17ème,
18ème et 19ème siècle, des
expériences, des découvertes se
succèdent dans de
nombreux pays sur la question de la reproduction du mouvement. La
Ruritanie
n’échappe pas à cette effervescence, et
on signale le cas de Boruslaw Dnzpr, inventeur
du Kinétophamatoscop, présenté
à la foire de Prjok en 1893. Mais Dnzpr ne
réussit pas à obtenir un financement de la part
du gouvernement malgré une
présentation le 22 mars de cette année devant une
commission de scientifiques
nommée par le conseil du roi. On perd ensuite la trace de
cet inventeur.
Les
historiens
ne sont pas d’accord ensuite sur le fait qu’ait
été présenté ou non
à la même
foire de Prjok en 1894 un Kinetoscope Edison. On retrouve la
description par un
voyageur[2],
mais écrit beaucoup plus tard, à
l’issue d’un voyage dans l’ensemble de la
région et il semble que l’appareil vu corresponde
à celui présenté la même
année en Freedonie, dont on a l’assurance de la
présence par d’autres sources[3].
La première
projection du cinématographe se produit en Ruritanie de
façon un peu
accidentelle. Un opérateur des frères
Lumière envoyé exploiter l’invention en
Bohème, bloqué par un éboulement sur
la voie de chemin de fer, s’arrête en gare
de Strelsau en mai 1896. Une projection est organisée au
Palais royal pour la
Cour le 17 mai. Le programme est ensuite projeté en ville
dans une auberge. A
cette occasion, l’opérateur Lumière
tourne le premier film jamais produit sur
le territoire ruritanien : La sortie de la messe de
11h à la Cathédrale
de Strelsau.
On ne parle
plus du cinématographe pendant quelques mois,
jusqu’à ce que Rigoberto Doppo, un
personnage entreprenant, tour à tour magicien, entrepreneur
de spectacle et
cabaretier, importe un puis plusieurs appareils pour les
présenter dans les
foires. La plupart des bandes présentées sont des
films Lumière et Pathé. Il
réalise lui-même quelques bandes pour alimenter sa
consommation dont La Légende
de Lauengram, en 1907 présenté comme le
premier film ruritanien fait par un
Ruritanien. S’ensuivent quelques films locaux par des
réalisateurs étrangers qui
profitent de la couleur locale, de son folklore[4].
Les années 1903-1907
sont un peu partout dans le monde une période de
césure qui voit la fin de la
vente des films, le passage à la location et de
manière liée l’abandon
progressif des spectacles forains et apparition des salles fixes. En
Ruritanie,
Rigoberto Doppo qui n’a pas vu le vent venir se voit
déborder par un nouveau
venu, Wilhelm Krafstein. Celui-ci s’appuie sur des capitaux
bancaires, attirés
par l’aspect immobilier de l’affaire et construit
des premières salles à
Strelsau puis à Hentzau et Zenda. Sa compagnie, la KKAG
(Kraftsein Kino A.G.)
entreprend de produire des films pour alimenter ses salles.
Cependant, avant
la Première Guerre mondiale, les films français
dominent le marché (Popert,
l’envoyé de Charles Pathé ouvre un
bureau à Strelsau en 1905[5]).
A partir de 1913, les films italiens, danois et en provenance des
Etats-Unis
commencent également à investir le
marché de Ruritanie.
Mais quelques
films locaux réussissent à trouver un
débouché, notamment un comique local :
Spiridiov. Cette production se fait essentiellement grâce
à Wilhelm Krafstein (celui
qui a créé des salles) qui réussit
à établir une petite production locale
notamment en reprenant le star system vers la fin de la
période. La première
grande star ruritanienne, Ireap Etihw, héroïne des Mystères
de Strelsau
épousera le prince von Memsberg.
Quelques films
réussirent à être exportés
avant le début de la Première Guerre mondiale
notamment
vers la Russie, l’Europe centrale et les quelques pays
proches où existe une
communauté d’origine ruritanienne. La guerre puis
la révolution bolchevique
couperont ces débouchés naissants.
La Ruritanie
n’échappe pas à la vogue du serial et
du ciné-roamn. On signale en 1917 un Les
Mystères de Strelsau. Sont tournées
également des adaptations de classiques
de la littérature et du théâtre
ruritaniens. Ainsi La véridique et
horrifique histoire de Petra est l’adaptation
d’un mélodrame
à succès ruritanien du début de 19ème
siècle qui sera l’objet
ensuite de plusieurs remakes.
Après la
Première Guerre mondiale, le cinéma ruritanien
est privé de ressources et de
talents.
Privé de
ressources car les financiers locaux ont été pour
la plupart ruinés dans le conflit,
les richesses naturelles du pays n’ont pu être
exportés et ont entraîné une
grave crise financière par manque de devises. Enfin, le
tourisme autre grande
richesse du pays s’est tari.
Dans le
domaine des talents, A la suite de Iraep Etihw, d’autres
vedettes locales sont
apparues dont Aterg Obrag, Enelram Hcirteid ou encore Atsa Neslein.
Toutes vont
partir, happées par Hollywood ou par le cinéma
allemand. C’est également le cas
de certains réalisateurs privant ainsi la Ruritanie de ses
meilleurs talents
artistiques.
Affaibli, le
cinéma ruritanien ne peut faire face à
l’extension du cinéma hollywoodien sur
son proppre territoire. Les grandes compagnies hollywoodiennes
créent dès les
années 1920 des filiales ruritaniennes dont elles confient
les rennes à de
jeunes producteurs ou distributeurs locaux, encadrés par la
direction centrale.
Outre les films étatsuniens, on note une arrivée
non négligeable sur le marché
de films allemands.
A la suite des
premières mesures prises par l’Allemagne et la
Grande-Bretagne (1927), la
Ruritanie envisage l’instauration de quotas pour
protéger le cinéma local. Mais
le pays remet son intervention suite aux pressions de
l’ambassadeur des
Etats-Unis qui prévient qu’une telle action
pourrait entraver l’exportation de
bois de la Ruritanie vers les Etats-Unis, le bois restant
l’industrie
principale du pays.
1927 est
l’arrivée
du parlant aux Etats-Unis. Le premier film diffusé en
Ruritanie est Les
Lumières de New York en janvier 1929.
L’arrivée du parlant fait naître un
espoir dans le pays
parmi un certain
nombre d’intellectuels et d’amoureux du
cinéma ruritanien qui espèrent que les
difficultés de compréhension de la population
locale devant des films en langue
étrangère conduira celle-ci à
retourner vers les images ruritaniennes.
Mais le pays
n’a pas de brevets de cinéma sonore. Il faut donc
composer avec les compagnies
allemandes ou hollywoodiennes. Cela rend les tournages de films
parlants
ruritaniens plus élevés. D’autre part,
les financements des salles sont
difficiles. Le passage au cinéma sonore se fait donc dans
les plus grandes
difficultés. En outre, Hollywood fait quelques films en
double version en
ruritanien à Joinville-le-pont. Le doublage, ensuite, permet
aux films
hollywoodiens d’entrer sans entraves sur le marché.
A
l’été 1936
débute le premier tournage d’un film
américain dans le pays : Le
Prisonnier de Zenda bénéficie des
beautés du paysage ruritaniens et du
faible prix de la main d’œuvre locale.
Après la
Seconde Guerre mondiale, les films américains, invisibles
dans le pays pendant
toute la durée du conflit, inondent le marché. La
MPEA[6]
délègue un représentant, les majors
hollywoodiennes créent des filiales
distinctes ou communes, ou encore se lient à des
intérêts locaux pour se
ré-implanter sur le marché.
Les premières
mesures d’aide au cinéma sont
élaborées en 1961. Les Etats-Unis protestent dans
un premier temps. Mais la Ruritanie est un point dans
l’affrontement Est/Ouest,
Hollywood compose et laisse une certaine politique de quotas se mettre
en
place. En 1963 est adoptée une législation qui
oblige les salles à diffuser un
court métrage ruritanien avant chaque séance.
Cette loi permet de multiplier un
temps le nombre de films court qui passe de 4 en 1963 à 45
en 1965 puis 76 en
1968. Mais la qualité de ces bandes laisse à
désirer selon la plupart des
observateurs, beaucoup de films étant des documentaires
touristiques ou des
quasi publicités déguisées, sans
professionnalisme. La loi est progressivement
abandonnée. En 1969, est adopté un second quota
qui oblige les salles à
diffuser un film de long métrage ruritanien tous les deux
mois. En l’absence de
mesures de contrôle strictes, cette seconde tentative de
quota n’aboutit à
aucun résultat tangible, les salles se contentant de passer
de vieux films
ruritaniens à des heures indues. La loi est encore en
vigueur en 2009, mais
n’est plus appliquée.
2. La
situation actuelle du cinéma ruritanien
2.-1. Etat et
cinéma
La loi du 1er
janvier 2004 établit un système d’aides
automatiques claqué sur le modèle
français.
Est établie une taxe sur les entrées de 7%. Mais
la loi se heurte à la forte
opposition des exploitants et de l’ambassade
états-unienne qui réussissent à
abaisser le taux d’imposition à 2% du prix du
billet au guichet[7].
La loi reste
peu ou mal appliquée et les fonds destinés au
système restent, en conséquence,
faibles.
Un système de tax
shelters est par ailleurs mis en place en 2008. Ces abris
fiscaux
permettent de déduire 30% des dépenses
effectuées sur le territoire ruritanien.
Elles semblent devoir bénéficier davantage aux
films étrangers tournés sur le
territoire qu’aux productions locales. Cependant, la mesure
encore récente ne
peut être jugée à l’aune de
ses résultats.
La Ruritanie a
accédé aux aides de Eurimage et du plan Media
en 2007. L’apport en est à ce jour
que marginal.
Un
système
d’aides sélectives a été
instauré au
niveau régional. Régions et villes, à
des
degrés divers, ont mis en place ces aides qui passent par
des
exonérations
fiscales, des avantages matériels et/ou un
système
d’avances sur recettes
(c’est le cas notamment du Comté de Zenda qui
tente de
développer ses studios).
On note par
ailleurs la présence de la Fondation Rassendyll, du nom du
mécène anglais,
ayant légué sa fortune aux actions de
développement de la Ruritanie.
2.2. Le
financement du cinéma.
La Ruritanie
bénéficie de peu de capitaux locaux en
matière de cinéma. Quelques producteurs sont
actifs, notamment issus du secteur immobilier (en hausse sur la
côte et dans
les zones montagneuses touristiques). Depuis le milieu des
années 1990, on
constate un apport de fonds de l’émigration
ruritanienne aux Etats-Unis et en Allemagne,
avec volonté de favoriser l’expression nationale
2.3. La
production
Le nombre de
sociétés de production ruritaniennes est
limité (on en répertoriait 57 en 2006[8])
mais peu sont actives de manière
régulière.
Deux se
distinguent : KKAG et KR (Kino Ruritania). Chacune a une
activité de
production d’une dizaine de films, bon an mal an. KKAG est la
compagnie
historique, dont le secteur salle assure l’essentiel de la
prospérité et qui
s’est diversifié dans la
télévision (cf. infra).
On peut aussi
noter la présence de la société ZKK
(ZendaKunstKino) dont l’activité est
essentiellement tournée vers le cinéma art et
essai.
Les autres
sociétés de production sont souvent des
sociétés de prestation de service qui
aident au tournage des films étrangers ou des
sociétés
éphémères, montées au
coup par coup pour la production d’un seul et unique film[9].
Mais cinéma
ruritanien existe grâce à des fonds, cependant peu
vus dans le pays (parfois
même pas sortis) et surtout va dans les festivals du monde
entier sur quelques
noms.
Cependant
quelques succès internes, souvent des comédies[10]
et des remakes notamment adaptés de classique (La
Légende de Lauengram[11])
Mais ces films là ne sont pas vus en dehors de la Ruritanie
sauf en vidéo dans
les pays où existe une diaspora ruritanienne.
Les derniers
succès du cinéma ruritanien (Trois
idiots à Strelsau, Le
Poissonnier de Zenda ou Weichnastag
in Strelsau) sont montés autour de la
personnalité de vedettes comiques
révélées par la
télévision locale et peu connues hors de
frontières..
On note
quelques tentatives de coproduction avec les pays proches. Des accords
de
coproduction ont été signés avec la
Freedonie, la Bordurie et la Marchovie à
partir de 1990. Mais peu de films ont
bénéficié de ces accords.
Tableau
1 : La production ruritanienne.
|
Année |
longs
métrages |
courts
métrages |
source |
|
1953 |
2 |
|
1 |
|
1954 |
5 |
|
1 |
|
1955 |
5 |
|
1 |
|
1956 |
8 |
|
1 |
|
1957 |
4 |
|
1 |
|
1958 |
5 |
|
1 |
|
1959 |
5 |
|
1 |
|
1960 |
3 |
|
1 |
|
1961 |
6 |
|
1 |
|
1962 |
5 |
|
1 |
|
1975 |
9 |
|
1 |
|
1980 |
3 |
64 |
1 |
|
1981 |
9 |
56 |
1 |
|
1982 |
5 |
81 |
1 |
|
1983 |
12 |
78 |
1 |
|
1984 |
8 |
62 |
1 |
|
1985 |
7 |
29 |
1 |
|
1986 |
5 |
58 |
1 |
|
1987 |
12 |
41 |
1 |
|
1988 |
15 |
|
1 |
|
1998 |
41 |
122 |
2 |
|
1999 |
52 |
147 |
2 |
|
1999 |
47 |
116 |
2 |
|
2000 |
52 |
118 |
2 |
|
2001 |
40 |
115 |
2 |
|
2002 |
44 |
81 |
2 |
|
2003 |
52 |
|
2 |
|
2004 |
51 |
|
2 |
|
2005 |
60 |
|
2 |
|
2006 |
53 |
|
2 |
|
2007 |
54 |
|
2 |
Sources : 1.
Anthony Hope, Ruritanian Film – An History,
Charters
and Caldicott, Londres, 1995. 2. http://www.kinoruritania.ra/index.html
consulté 15.4.2009.
2.4. La
distribution
Les filiales
ruritaniennes des majors hollywoodiennes dominent le marché.
Elles réalisaient
79% des entrées en 2006 (cf. tableau 2).
KKAG et KR
distribuent leurs propres films ainsi que quelques films
indépendants locaux et
des œuvres européennes. On notera qu’une
dizaine de films ruritaniens en
moyenne chaque année ne trouvent pas le chemin des salles.
KKAG s’appuie
sur la chaîne TVKK dont elle est actionnaire pour assurer la
promotion de ses
films.
Tableau
2. Classement des
distributeurs en 2006
|
|
Total
films sortis |
Dont nouveaux films ruritanienss |
%
des entrées totales |
|
Fox |
36 |
- |
18% |
|
UIP |
45 |
2 |
22% |
|
Columbia |
42 |
- |
12% |
|
Warner |
23 |
1 |
10% |
|
Buena Vista |
18 |
1 |
17% |
|
KKAG |
37 |
25 |
8% |
|
KR |
37 |
15 |
7% |
|
Autres |
15 |
7 |
6% |
|
Total |
253 |
47 |
100% |
Source : http://www.kinoruritania.ra/index.html
consulté 15.4.2009.
La part de
marché du cinéma ruritanien est faible (15% en
moyenne sur les dix dernières
années) soumises à des sautes : Weinachstag
in Strelsau en 2002 est
un succès énorme et dépasse
même le résultat de Titanic.
2.5.
L’exploitation
Le nombre de
salles en Ruritanie est assez peu élevé. Les
salles sont concentrées dans les
trois grandes villes du pays, singulièrement dans la
capitale qui avec 52% des
fauteuils réalise 74,9% des entrées et 84% des
recettes en 2007[12].
Les
principales salles appartiennent au groupe KKAG. Sous
l’influence du groupe sud
africain Ster Kinekor, et du groupe freedonien AZBP, les salles
ruritaniennes
ont commencé à être
rénovées au milieu des années 1990.
Le premier
multiplexe ruritanien (12 écrans) a ouvert le 15 septembre
1996 dans la
banlieue de Strelsau, au sein d’un centre commercial flambant
neuf. Il a été
financé par Ster Kinekor allié à un
investisseur local[13].
L’année
suivante, KKAG rénovait son complexe historique du centre
ville, le Dom Kino,
pour en faire un complexe de 8 écrans. Depuis la compagnie a
ouvert une demi
douzaine de multiplexes[14].
Tableau 3. Exploitation
|
Date |
Nombre
d’écrans |
Entrées |
Box
office (en
dollars) |
Sources |
|
1930 |
750 |
13 250
000 |
|
1 |
|
1940 |
800 |
15 237
000 |
|
1 |
|
1950 |
801 |
15 245
000 |
|
1 |
|
1960 |
752 |
12 310
000 |
|
1 |
|
1970 |
645 |
9 685
000 |
|
1 |
|
1980 |
250 |
1 432
000 |
|
1 |
|
1990 |
213 |
897
000 |
|
1 |
|
2000 |
290 |
2 600
000 |
3 000
000 |
2 |
|
2001 |
295 |
2 848
000 |
3 237
000 |
2 |
|
2002 |
310 |
3 013
000 |
3 245
000 |
2 |
|
2003 |
320 |
2 968
000 |
3 253
000 |
2 |
|
2004 |
321 |
2 800
000 |
3 252
000 |
2 |
|
2005 |
350 |
2 751
000 |
3 246
000 |
2 |
|
2006 |
352 |
2 900
000 |
3 589
000 |
2 |
|
2007 |
345 |
3 800
000 |
3 890
000 |
2 |
|
2008 |
n.d. |
3 125
000 |
4 125
000 |
3 |
Sources :
1. Anthony Hope,
Ruritanian Film – An History, Charters and
Caldicott, Londres, 1995. 2.
Observatoire Européen de l’Audiovisuel, Focus
2009. 3. Variety 21.1.2009.
2.6. Les
industries techniques
La Ruritanie a
développé peu d’infrastructures hormis
celles du complexe de Zenda. Celles-ci
ouvertes dès la fin des années 1930 (à
la suite du tournage du Prisonnier de
Zenda) ont périclité dans les
années 1970.
Dans les
années 1990, les studios ont
bénéficié de
l’arrivée des tournages de films et
téléfilms hollywoodiens et européens.
La politique des régions et de l’Etat
central, via les aides évoquées plus haut, vise
à augmenter cet apport de
devises, soit directement via les tournages, soit via la
publicité faite aux
paysages ruritaniens dans les qui profite au développement
touristique.
3. L’industrie
audiovisuelle
3.1. La vidéo
La vidéo se
développe
à partir de la fin des années 1980.
Les éditeurs
sont principalement les filiales des majors hollywoodiennes qui ont la
quasi
intégralité du marché, ce sont
également elles qui éditent les films
ruritaniens à succès.
En 2006, les
principaux éditeurs étaient
Buena Vista
Home Video : 45%
Warner Bros.
Home Video : 25%
Columbia Home
Video : 18 %[15]
Le taux
d’équipement des foyers en
magnétoscopes était de 89% en 2004[16].
La piraterie vidéo
est estimée à 65% du marché en 2007
selon une étude faite par les majors
hollywodiennes[17].
Le
parlement ruritanien a entamé à la fin 2007 un
débat sur un renforcement
possible de la loi sur le droit d’auteur.
3.2. La
télévision
Une première
chaîne de télévision publique, RTV, est
créée en 1952. La première
émission a
lieu le 15 septembre 1952 à l’occasion des
fiançailles du prince héritier, mais
le signal n’est reçu que dans un rayon
d’une trentaine de kilomètres autour de
la capitale.
Il faut en fait
attendre le milieu des années 1960 pour que
l’équipement en relais hertziens du
pays, et l’achat de postes de réception par les
ménages permettent à la
télévision de devenir réellement un
moyen de diffusion de masse.
Le choix a
été
fait en 1952 d’une redevance établie sur la taxe
d’habitation. Cette redevance
est la seule ressource du service public de
radio-télévision durant la période.
Une deuxième
chaîne est inaugurée en 1969. Elle se voit
confié une double mission de chaîne
régionale et de chaîne éducative.
Les premières
chaînes privées apparaissent en 1984, sous la
pression des annonceurs
internationaux et de grands groupes européens (dont
notamment le groupe CLT).
Ces chaînes sont financées par la
publicité. Elles doivent d’autre part
diffuser des programmes ruritaniens. Les quotas de diffusion sont
depuis leur
installation l’objet de nombreuses discussions et
polémiques. Il sont varié au
cours des diverses alternances politiques qu’ont connu le
pays.
Il y a actuellement
(en 2009) 5 chaînes nationales et 3 chaînes
régionales[18].
Tableau 4. Chaînes
télévisées, taux d’audience
(en 2008)
|
Chaînes |
Capital |
Audience moyenne en 2008 |
|
RTV1 |
Publique |
25,5% |
|
TV5 |
CLT, Banque Ruritanienne de
Développement, Strelsau Zeitung |
24,2% |
|
TVKK |
KKAG, Warner Bros., Constantin |
18,7% |
|
RTV2 |
Publique |
12,9% |
|
TVDreih |
Strelsau Tagesblatt, Mediaset |
5,8% |
|
Chaînes
régionales |
|
12,9% |
Source : Observatoire
Européen de l’Audiovisuel in
ScreenDigestif n°43, 23 février 2009.
Outre la
réception hertzienne, le
téléspectateur ruritanien a accès
grâce au câble à une
centaine de chaînes, dont les chaînes
internationales et les chaînes des pays
voisins.
La télévision
a une double importance sur le plan du cinéma.
- La
télévision comme source de financement du
cinéma local. Lors de leur période de
lancement, les télévisions privées se
sont appuyées sur des importations
massives de produits hollywoodiens. Après que leur
présence a été assurée, les
télévisions privées ruritaniennes se
sont vus contraintes de développer des
fictions nationales (au moins en prime time) sous la double pression de
la
flambée des prix des programmes internationaux et
d’une demande de fictions
nationales de la part d’une majorité de
téléspectateurs ruritaniens.
D’autre part,
la télévision décline en ruritanien
des concepts internationaux… Big Brother,
le Juste prix, C’est mon choix….
- la
télévision comme lieu de vision majoritaire des
images locales.
Alors que sur
les grands écrans ruritaniens les films locaux
n’engrangent qu’environ 15% des
entrées, la fiction ruritanienne peut se
prévaloir en moyenne de taux
d’audiences beaucoup plus élevés (92%
de l’audience en 2008 se portait sur des
programmes télévisés ruritaniens, tous
genres confondus[19]
Conclusion :
Le cinéma
ruritanien existe. Mais pour sa partie commerciale limitée
essentiellement à
son territoire.
Quelques
succès d’estime cependant pour des
cinéastes ruritaniens habitués des festivals
dont les films, paradoxalement, sont peu vus sur les écrans
ruritaniens.
Le cinéma
L’Alhambra à Bains-sur-Seine où se
trouve une importante communauté d’origine
ruritanienne organise depuis dix ans une biennale du cinéma
ruritanien.
[1]
Sauf mention contraire,
les informations de cette partie sont tirées de
Irénée Fabre, Histoire du
cinéma ruritanien, Editions du Prado, Marseille,
1988.
[2] Jules Machin, Mes Voyages à l’est de Pantin, Larousse, Paris, 1934.
[3] Julius Marx, El Kino en Freedonia reprenant El Zeitung de Freedonia du 28 mars 1894.
[4] L’anglais Gilbert Redgrave réalise ainsi une série de films sur les danses locales.
[5] Popert ouvre entre 1904 et 1906 des bureaux dans un grand nombre de pays étrangers dont les Balkans.
[6] Motion Picture Export Association
[7] WestRuritania Gazette 21.7.2007.
[8] http://www.kinoruritania.ra/index.html consulté 15.4.2009.
[9] Entretien avec Boruslaw Boruslawich, producteur le 15 juillet 2008 réalisé par l’auteur.
[10] Une tradition qui trouve ses racines déjà dans les années 1960.
[11] Remakes en 1925, 1937 (premier film sonore ruritanien), 1952, 1975 et 2008. D’autre part une adaptation télévisée a été faite en 1980 en dix épisodes.
[12] http://www.kinoruritania.ra/index.html consulté 15.4.2009.
[13] Screen Indigest 23.9.1996.
[14] Varietoche 4.12.1998.
[15] Roland Cloutier
« Video, Video, Video » in
Journal of Cultural Development,
[16] Kino Ruritanina Gazetta
n°675, 3 avril 2005.
[17] « How
Piracy Will Destroy the Universe If
Nothing Is Done ASAP”, MPEA Reports, http://www.mpaa.org/mpea/how_piracy.html
4 avril 2008 consulté 5 avril 2008.
[18] Les trois chaînes diffusent sur les deux régions frontalières où existe une langue régionale et sur la région capitale. Elles sont financées par les collectivités locales.
[19] Pr Quincey Adams Wagstaff, Rule Ruritania !, Ruritanian International Verlag, Strelsau, 2009.
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